Histoire des tirailleurs

(source Wikipédia)

Les tirailleurs sénégalais étaient un corps de militaires appartenant à l’Armée coloniale constitué au sein de l’Empire colonial français en1857, principal élément de la « Force noire » et dissous au début des années 1960.

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Bien que le recrutement de tirailleurs ne se soit pas limité au Sénégal, c’est dans ce pays que s’est formé en 1857 le premier régiment de tirailleurs africains, ces unités d’infanterie désignant rapidement l’ensemble des soldats africains de couleur noire qui se battent sous le drapeau français et qui se différencient ainsi des unités d’Afrique du Nord, tels les tirailleurs algériens.

En 1895, ils participent à la conquête de Madagascar, de 1895 à 1905, ils sont utilisés à la pacification de ce pays.

En 1914-1918 lors de la Première Guerre mondiale, ce sont environ 200 000 « Sénégalais » de l’AOF qui se battent dans les rangs français, dont plus de 135 000 en Europe.

Environ 15 % d’entre deux, soit environ 30 000 soldats, y ont trouvé la mort (sur un total de 1 397 800 soldats français morts durant le conflit soit plus de 2% des pertes totales de l’armée française) et nombreux sont revenus blessés ou invalides.

En Afrique Française du Nord (AFN) et surtout au Maroc, des unités de l’armée coloniale, européennes ou africaines (12 bataillons), servaient dans le cadre de la « pacification ».

L’armée coloniale envoya en Métropole, dès le 17 septembre 1914, des unités de marche mixtes (Européens et Africains) à raison, pour chaque régiment mixte, d’un bataillon africain pour deux bataillons européens.

Ces unités (régiments mixtes d’infanterie coloniale du Maroc – RMICM) renforcèrent en premier lieu la division marocaine et furent engagées au combat dès le 21 septembre à Noyon avec des résultats mitigés. Durant toute la guerre, les troupes levées en Afrique noire, transitèrent ainsi en AFN où, tout en participant activement à la « pacification », elles s’acclimataient et s’aguerrissaient avant de rejoindre les champs de bataille d’Europe ou d’Asie mineure (Dardanelles). Le général Charles Mangin4, promoteur de La Force Noire, ouvrage qui fit sensation en 1910, retrouva ces troupes africaines sous ses ordres lors de la reprise du fort de Douaumont en 1916.

Entre 1939 et 1944, ils sont près de 140 000 Africains engagés par la France, près de 24 000 sont fait prisonniers ou morts au combat. Les tirailleurs sénégalais participent à Bir Hakeim, lors de la conquête de l’île d’Elbe en juin 1944 et lors de la prise de Toulon, après ledébarquement de Provence en août 1944.

Les tirailleurs sénégalais sont toujours restés fidèles à l’Empire colonial français, et ont été engagés dans des conflits qui ont opposé la France à ses colonies : Indochine, Algérie, Madagascar ; Léopold Sédar Senghor les a surnommé les « Dogues noirs de l’Empire ». Ils formaient un des rares corps d’armée étrangers qui ne fasse pas partie de la légion étrangère.

Les origines des tirailleurs :

En 1857, Louis Faidherbe, en manque d’effectifs venus de la métropole sur les nouveaux territoires d’Afrique, pour faire face aux besoins demaintien de l’ordre générés par la phase de colonisation, crée le corps des tirailleurs sénégalais. Le décret fut signé le 21 juillet 1857 àPlombières-les-Bains par Napoléon III. Jusqu’en 1905, ce corps intègre des esclaves rachetés à leurs maîtres locaux (et lors d’opération militaires des tirailleurs s’approprieront comme prise de guerre des femmes elles-mêmes esclaves7, puis des prisonniers de guerre et même des volontaires ayant une grande diversité d’origines. Les sous-officiers sont, dans un premier temps, recrutés au sein des chefferies locales. Ils sont moins nombreux, proportionnellement que dans le reste de l’armée française (un officier pour 30 hommes chez les tirailleurs, les zouaves et les « régiments étrangers » contre un pour vingt dans le reste de l’armée ).TirailleurBambara

Les tirailleurs sénégalais ne sont pas nécessairement Sénégalais, ils sont recrutés dans toute l’Afrique noire aussi bien en Afrique de l’Est qu’en Afrique centrale et occidentale. Le terme « sénégalais » leur est donné du fait que le premier régiment de tirailleurs a été créé au Sénégal.

Certains Sénégalais, nés Français dans les quatre communes françaises de plein exercice du Sénégal, ne sont pas considérés comme tirailleurs mais, du fait de l’existence du droit musulman, dont la pratique de la polygamie, l’administration limita, dans un premier temps, les droits de ces citoyens particuliers. C’est durant la Grande Guerre, sous l’impulsion du député Blaise Diagne que les ressortissants des 4 communes (Dakar, Gorée, Rufisque et Saint-Louis) sont considérés comme citoyens à part entière et dès lors intégrés dans les régiments métropolitains plutôt que dans ceux de tirailleurs sénégalais.

Jusqu’en juillet 1900, quand fut créé le ministère des Colonies, les troupes africaines dépendaient des troupes de la marine (artillerie, infanterie, corps des télégraphistes et des travailleurs) de ministère de la Marine. À cette date, les troupes de la marine devinrent les troupes coloniales ressortissant du ministère de la Guerre (comprendre : l’armée de Terre), dont certains éléments étaient détachés au ministère des Colonies (bureau des Services Militaires) pour servir aux colonies et encadrer les troupes indigènes. Notons qu’à cette époque il existait au sein du ministère de la Guerre deux ensembles distincts : – les troupes métropolitaines comprenant l’armée d’Afrique et ses corps indigènes spécifiques (tirailleurs algériens, tunisiens, marocains, goums, spahis, etc.) – les troupes coloniales servant principalement dans les colonies et autres possessions ou dépendances ultramarines mais dont des unités étaient également stationnées en Métropole et en Afrique française du nord. Dans la terminologie militaire, au sein des troupes de la marine, les fantassins ont le sobriquet de « marsouins », les artilleurs, celui de « bigors » (avec leurs canons, ils s’accrochent aux rochers, tels des bigorneaux…).

Entre 1908 et 1914, les tirailleurs sénégalais sont engagés dans la campagne du Maroc et au Maghreb, conformément au projet de Charles Mangin qui est, selon la « manœuvre du perroquet », de soulager le 19e corps d’armée qui peut dès lors être envoyé au front de l’Ouest.

Le tirailleur dans l’imaginaire métropolitain

Dans la terminologie militaire, le nom de tirailleur n’a rien de péjoratif ni de méprisant et il désigne un « combattant qui progresse en ordre dispersé en tirant à plusieurs reprises, avec persistance » et des formations prestigieuses de Gardes Impériales, française, allemande et russe comprenaient des unités de Tirailleurs. Toutefois, le tirailleur sénégalais porte des stéréotypes racistes, caricature du Noir de l’époque (sourire niais, ami des enfants, donc grand enfant et incapable de s’exprimer correctement dans une langue française qu’il se doit de manier) et symbole du colonialisme (dans ce sens, certains mettent en avant l’exemple de « L’ami Y’a bon ») .Banania

Le tirailleur sénégalais a longtemps symbolisé pour les métropolitains par les autorités, l’Empire français. C’est ainsi que la marque de cacao Banania, dont le personnage emblématique avait d’abord été une belle Antillaise entourée de bananes, modifie son image en 1915, dans le contexte de laPremière Guerre mondiale, et porte son choix sur le tirailleur sénégalais et plusieurs versions ont suivi, plus ou moins stylisées. En fait, l’expression « y’a bon » est caractéristique du « français-tiraillou», langue pratiquée par la plupart des tirailleurs africains, qui non francophones à l’origine, associent les quelques mots de français qu’ils ont appris pour les nécessités du service et du combat avec la syntaxe et les tournures idiomatiques des langues vernaculaires pratiquées en Afrique de l’Ouest. tout à fait comme il existe de la même manière un « français-légionnaire ». Donc, selon ce point de vue, il est possible de n’y voir aucune connotation raciste.

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